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Comment créer un grand verger familial de plus de 50 arbres fruitiers avec seulement 160 euros en poche…

Autonomie - Savoir-Faire - Résilience

Comment créer un grand verger familial de plus de 50 arbres fruitiers avec seulement 160 euros en poche…

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Peut-on créer un verger familial, pour développer l’autonomie alimentaire, à peu de frais ?
A cette question, il est facile de répondre oui, sans aucune hésitation. Certaines personnes peuvent même me faire remarquer, à juste titre, que l’on peut le faire sans dépenser un centime. Il suffit pour cela de récupérer et de planter les noyaux et les pépins de tous les fruits que vous consommez tout au long de l’année, et de patienter quelques années ! 

Cette méthode est certes très économique, mais quel sera le résultat final ? 

Lorsque vous mangez un fruit et que vous plantez son pépin ou son noyau, vous avez goûté le fruit issu de la mère, mais « quid » du père ? Planter des pépins et des noyaux est une loterie génétique dont vous connaîtrez le résultat final au bout de 6 à 10 ans, au moment de la mise à fruit de vos arbres. Et la plupart du temps le résultat ne sera pas à la hauteur de vos espérances !

La sélection variétale a considérablement amélioré, au fin du temps, la qualité des fruitiers, par rapport aux arbres que l’on trouve spontanément dans les milieux naturels, par un long et patient travail de croisement et de sélection. Et c’est une tâche difficile. Ainsi, en plantant un pépin de pomme, après une pollinisation parfaitement contrôlée, les obtenteurs de nouvelles variétés estiment qu’ils ont environ 3% de chance d’obtenir une variété de pomme aussi qualitative (qualité du fruit, résistance aux maladies et aux ravageurs, productivité, etc..) que celle dont le pépin est issu.

Pour les arbres à noyaux, la proportion est meilleure car, souvent, les fleurs sont auto fertiles et souvent s’autofécondent. Mais, même dans ce cas, le résultat est souvent très différent du fruit originel, car l’auto-fécondation va recombiner les gènes de la plante. Et là encore, à quelques rares exceptions près (que je donnerai plus bas), la qualité ne sera pas forcément au rendez-vous car la reproduction ne sera pas fidèle.

En multipliant des variétés déjà sélectionnées, vous bénéficiez de tout le travail déjà réaliser par les paysans du passée et les obtenteurs d’aujourd’hui, et c’est pour cette raison que les fruitiers sont, la plupart du temps, reproduits à l’identique par bouturage, marcottage ou par greffage. Alors, pourquoi ne pas tirer avantage de cet héritage extraordinaire pour établir votre verger ?

D’un autre côté, en achetant en pépinière, même en plantant des scions greffés, c’est-à-dire des petits arbres greffés depuis 1 an, il est difficile de trouver un prix inférieur à 14 ou 15 euros pièce, majoré des frais de port, ce qui ne permet pas d’atteindre l’objectif assigné. Avec 160 euros, on va pouvoir planter, au mieux, 10 scions, ce qui est très loin du compte.

Existe-t-il une autre solution, qui permettrait d’obtenir des arbres et un verger qualitatif tout en préservant votre budget ? Oui, et cette stratégie, nous allons la détailler ensemble !

I – La phase d’observation & de sélection variétale

Si vous habitez à la campagne et que vous observez les jardins de vos voisins, vous allez rapidement vous rendre compte qu’ils sont remplis d’arbres fruitiers. Dès lors que vous y prêtez attention, des arbres fruitiers, comme moi, vous en verrez partout !

Très souvent, les même essences reviennent dans votre entourage, un peu comme une guilde de végétaux, simplement par ce qu’ils sont tous parfaitement adaptés à votre climat et votre terroir. 

Ainsi, par chez moi, on trouve de très nombreux pommiers, poiriers, figuiers, plaqueminiers, kiwis, noyers et châtaigniers. A l’inverse, il y pratiquement pas de pêcher, pas d’abricotier, ni de vigne et seulement quelques rares pruniers.

kiwis du jardin

Sur la bassin méditerranéen, la guilde est très différente : olivier, vigne, néflier du japon, amandier, abricotier, grenadier, figuier, qui sont des arbres adaptés aux sécheresses estivales. Et ailleurs, d’autres combinaisons s’imposent à vous…

En faisant cette petite « enquête de terrain » vous allez pouvoir établir une « short-list » des 5 ou 6 fruitiers qu’il faut planter chez vous. Partez de l’idée que ce qui a bien fonctionné à côté de chez vous, fonctionnera parfaitement bien chez vous, car le sol et le climat seront identiques.

Et en prenant le temps de faire un tour à pied, un beau jour de printemps, vous réussirez probablement à aborder vos  voisins et à discuter avec eux. Demandez-leur s’ils peuvent vous montrent les arbres qu’ils préfèrent, qui donnent le plus, qui sont exempts de maladies et qui ont les mieux réussis chez eux. Demandez-leur également quels ont été les échecs. Demandez à revenir goûter, en saison, les fruits des arbres les plus intéressants. Sont-ils à votre goût ? C’est le bon moment pour vous en préoccuper.

En développant du lien social avec vos voisin, vous allez progressivement donner naissance à votre futur verger ! Et si vous dites que vous faites tout cela pour greffer ou bouturer un verger de 50 arbres fruitiers, vous n’aurez généralement pas besoin d’insister longtemps pour qu’on vous donne quelques branches, voire même tout un tas de marcottes et de boutures déjà bien enracinés…

Mettez soigneusement par écrit toutes vos trouvailles, les variétés et les adresses correspondantes. Notez les noms des variétés dont vos voisins ont conservé le pedigree, pour faire quelques recherches complémentaires sur internet. Prenez des notes !

Vous avez là les bases de votre verger car ces premiers contacts fructueux, devraient vous permettre, le moment venu, de récupérer les précieuses boutures ou les précieux greffons dont vous avez besoin.

Pendant toute la phase d’observation, je vous recommande également de préparer soigneusement votre plantation en définissant l’emplacement de chaque arbre, avec le bon écartement, et en creusant vos trous longtemps à l’avance. Pour implanter 50 grands arbres fruitiers, il vous faut bien 2000 mètres carrés de terrain bien exposé, et quelques jours de dur labeur !

II – La phase de plantation des porte-greffes

Pour cette seconde phase, nous allons mettre les mains dans la terre. Plutôt que de planter des arbres achetés chez un pépiniériste ou en jardinerie, vous allez planter des portes-greffe, à leur emplacement définitif. Cette étape se réalise au mois de décembre ou de janvier pour que ceux-ci est le temps de bien s’enraciner.

Qu’est ce qu’un porte-greffe ? En agriculture, un porte-greffe est un végétal sur lequel on implante un greffon. Il sera issu de semis ou de multiplication végétative (marcotte ou bouturage).  Par exemple, les cerisiers sont greffés sur des sauvageons (merisier, cerisier Sainte-Lucie, etc…). Le porte-greffe, est généralement sélectionné pour les caractéristiques de ses racines. Il détermine, très souvent la taille finale de l’arbre et la bonne adaptation de votre arbre fruitier au sol de votre verger.

portes greffe


Voici une illustration de la taille obtenue, selon le porte-greffe choisi, pour le pommier :

tableau des porte greffe de pommiers


Les fruitiers suivants se multiplient par greffage : pommier, poirier, prunier, amandier, plaqueminier, cerisier, pêcher, cognassier, abricotier, noyers, châtaignier ainsi que tous les agrumes. Les autres arbres et arbustes fruitiers se bouturent ou se marcottent.

Les portes-greffe peuvent être commandés sur le site « Beaufort jeunes plants », un site spécialisé dans la vente de portes-greffe aux professionnels mais qui accepte bien volontier de vendre aux particuliers, avec des tarifs imbattables.

https://www.beaufort-jeunes-plants.fr/

Sur ce site, vous trouverez de nombreuses informations sur les portes-greffe, leur vigueur et leur adaptation aux différents sols, ce qui devrait vous permettre de faire un choix éclairé, en fonction de la taille de votre jardin, des caractéristiques de votre sol et de vos objectifs de plantation et de production.

Si vous êtes peu à l’aise avec l’idée de greffer vous-même vos arbres fruitiers, dites-vous que c’est en essayant que vous apprendrez, et que cela n’est pas si difficile. Sachez également que même si une greffe ne réussie pas du premier coup, vous pouvez toujours recommencer par la suite, l’été suivant ou l’année suivante, car les portes-greffe peuvent repartir sans difficulté. Il n’est pas rare que les professionnels s’y reprennent à plusieurs fois : rater une greffe vous fait juste perdre un peu de temps…

La commande d’une quarantaine de portes-greffe devrait vous revenir à environ 80 euros.

Si votre lieu est favorable aux espèces que je mentionne, vous pouvez également commander sur le même site, quelques sujets qui, sans greffe, vont donner de bonnes récoltes, comme, par exemple : 

quatre figuiers Goutte d’or, Noir de Caromb ou Longue d’août, que l’on trouve en racines nues chez ce pépiniériste à des prix défiant toute concurrence,

quatre portes-greffe d’abricotiers « Canino » dont, sans greffage, le fruit de bonne taille, se montre tout à fait savoureux,

et enfin, deux porte-greffes de pommiers « Bittenfelder », dont les fruits peuvent être utilisés comme pomme à jus, sans aucun greffage.


L’ensemble va vous revenir à environ 100 euros, frais de port inclus.

Cette commande pourra être complétée par le bouturage de groseilliers, figuiers, myrtilliers, cassissiers, mûriers, actinidias, oliviers, ou framboisiers dont les branches peuvent être prélevés chez vos voisins.

Vous pouvez également compléter votre verger par une plantation de quelques noyaux de pêches de vigne. C’est une exception à la règle mentionnée ci-dessus : comme l’abricotier Canino et le pommier Bittenfelder, la pêche de vigne se multiplie assez fidèlement par noyaux !

III – La phase de récupération des greffons & de greffage

A la même période, décembre ou janvier, vous devrez retourner voir vos voisins pour prélever dans les arbres sélectionnés, les précieux greffons. Ce greffons seront étiquetés et  entourés d’un sopalin humide. Il seront conservés dans des petits sacs en plastique, hermétiquement scellés, dans le bac à légumes de votre réfrigérateur, jusqu’au moment de la greffe en plein champs. La greffe de printemps se réaliser généralement de fin mars jusqu’à mi-avril.

Vous pouvez également, selon les cas, greffer certains portes-greffe en écusson, en plein été, et, dans ce cas, récupérer vos greffons juste avant cette opération.

Pour apprendre les meilleurs techniques de greffage, je vous recommande la lecture de l’ouvrage d’Evelyne Leterme : « Le greffage et la plantation des arbres fruitiers ».
Ce livre est une référence pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans la création de leur propre verger. Il donne, espèce par espèce, toutes les techniques de greffage. Il coûte que 18euros.
 
Vous devez également vous procurer un peu de matériel pour le greffage. Voici la short-list du matériel que je vous recommande de réunir : 

* Un petit couteau à greffer à environ 10 euros.
* Un petit pot de mastic à greffer à froid à environ 17 euros.
* Un rouleau de ruban à greffer à environ 5 €, pour les greffes d’été en écusson.
* et quelques élastiques plats que vous pouvez vous procurer, à peu de frais, dans une papeterie, par exemple.

Pour aller plus loin dans toutes les techniques évoquées ici, vous pouvez consulter la playlist de ma chaîne YOU TUBE :  « Un verger pour l’autonomie ».

Je vous souhaite de très belles plantations et de gagner rapidement en autonomie alimentaire grâce à votre verger.

Stéphane, de la chaîne  « La clé des champs”

 

8 réponses

  1. et3te dit :

    Bonjour Stéphane, bouturer un pommier un châtaignier, ce n est pas possible ?

    • Bouturer un pommier est impossible à ma connaissance. Le marcottage du pommier est très difficile. Il nécessite d’être maintenu en place pendant au moins 1 à 2 ans, et même comme cela, toutes les variétés ne font pas de racines. Le mode le plus simple de multiplication du pommier est le greffage, qui est assez facile à réussir.

      Les châtaigniers peuvent se multiplier par marcottage, mais cela ne vaut la peine d’être fait que si la variété a des racines naturellement résistantes à la maladie de l’encre. Le bouturage du châtaignier requiert un matériel professionnel : tunnel chauffé et brumisation permanente…

      Amicalement

      Stéphane

    • Un châtaignier peut être marcotté assez facilement, mais il existe des porte-greffes de châtaigniers qui résistent à la maladie de l’encre et il serait dommage de s’en priver. Pour le pommier, le marcottage est très difficile à réussir, et seulement pour certaines variétés. Aucun des ces deux arbres ne peut être bouturé.

  2. martial aubert-boudant dit :

    Stéphane,

    Bravo pour ton article qui pourra intéresser le débutant.

    j’aurai bien aimé que tu parles des protections à la fois pour le vent mais aussi pour les rongeurs et des chevreuils. J’ai eu tellement de pertes quand j’ai replanté des haies de bocages et dans mon verger, que j’ai choisi les deux premières années de faire mes greffes en pépinière bien à l’abris des rongeurs et des vents ( qui sont assez violent dans ma suisse normande)

    Martial

  3. Bonjour,

    Effectivement, il peut être utile de clôturer la parcelle avec un bon grillage, ou de prévoir une protection individuelle avec un tube en plastique type gaine TCP accroché à un piquet.

    Je te souhaite une très bonne soirée.

    Amicalement

    Stéphane

  4. Banane dit :

    Bonjour Stéphane,

    Je viens de recevoir ton e-book sur la cuisinière à bois.
    Merci pour ton travail.

    Amicalement,

    Maël

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